Les parents sont des bâtisseurs de cathédrale

Les premières images de la beauté renouvelée de Notre Dame de Paris m’ont émerveillée. Quelle splendeur, quelle pureté. Mais plus que tout, ce qui m’a émue aux larmes, ce sont ces visages d’hommes et de femmes qui ont passé des mois en haut des échafaudages ou dans l’antre des ateliers pour que ce réalise ce rêve commun : rebâtir Notre Cathédrale.

Quelle aventure, quelle mission. 

Sûrement connaissez-vous cette histoire : un visiteur sur un chantier interroge avec curiosité les tailleurs de pierre à l’ouvrage. Au premier qu’il croise, suant et maugréant, il demande « que fais-tu ? », « je taille une pierre. » lui répond celui-ci sans même lever la tête. Au second tailleur de pierre qu’il croise, il demande de nouveau « que fais-tu? », « je taille une pierre pour construire un mur » répond ce dernier avant de retourner à son ouvrage d’un air maussade. Il s’approche alors d’un troisième tailleur qui, lui, semble travailler sans aucun signe de fatigue, un sourire lumineux sur le visage. « Que fais-tu ? » questionne-t-il pour la troisième fois. Le tailleur se relève et s’exclame radieux : « Moi ! Je construis une cathédrale ! »

Je ne peux pas m’empêcher de penser que le monde est rempli de bâtisseurs de cathédrales… qui s’ignorent ! 

Les parents ne passent pas au journal de 20h ! Mais ils sont tailleurs de pierre, orfèvres, charpentiers, restaurateurs, échaffaudeurs, architectes, archéologues… et même pompiers bien souvent ! 

J’aime tout particulièrement la métaphore du dinandier. Connaissez-vous ce métier ?! Le dinandier utilisent des dizaines de marteaux différents pour façonner des feuilles de cuivre, de laiton ou d’argent pour créer des objets uniques… Vous me voyez venir !

Il n’y a rien de plus beau, de plus méticuleux, rien de plus difficile que la construction et l’épanouissement de chacun de nos enfants, cathédrales de chair et d’os, uniques, singuliers. Cathédrale humaine. Quel vertige !

Patiemment, fortifiés par l’expérience, tendus vers notre Vision, nous, parents, bâtissons, suons, doutons, peinons, avançons, petit pas par petit pas. 

Nous comprenons que nous ne pouvons ni ne devons construire cette cathédrale tout seul. Tout ne dépend pas que de nous. Il faut tant de monde pour construire un tel édifice humain. Chacun sa place, chacun son importance. On se soutient, on avance. 

Surtout lorsque tout semble prendre l’eau - ou le feu - rappelons-nous la Promesse : « je construis une cathédrale, patience ! »

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